L’apnée du sommeil

Le syndrome d’apnée du sommeil se manifeste durant le sommeil et se distingue par des pauses respiratoires. La ventilation est diminuée (hypopnée) ou interrompue pendant plus de dix secondes (apnée), ceci plusieurs fois par nuit. Un caractère pathologique apparait à partir de 5 apnées par heure.

Apnée du sommeil

Ces arrêts involontaires de la respiration provoquent un sommeil de très mauvaise qualité, non réparateur, altéré parfois par de brefs réveils de quelques minutes, des ronflements nombreux et bruyants, dont la personne ne garde aucun souvenir. Le stade 2 du sommeil est rarement dépassé. Les conséquences sont graves, diverses et multiples, avec des répercussions sur l’organisme et/ou la vie socioprofessionnelle de la personne.

Le diagnostic est posé après une polysomnographie, examen qui étudie le sommeil, en dénombrant les apnées en fonction de différents paramètres physiologiques.

Cette pathologie touche 7% de la population avec une prédominance chez les Afro-américains et les Asiatiques. Les hommes sont 3 fois plus touchés que les femmes. Les enfants peuvent être également concernés en cas d’amygdales volumineuses. Sa fréquence augmente avec l’âge et est maximale après 60 ans.

Différentes types d’apnées

Apnées obstructives : il y a obstruction des voies respiratoires et la personne doit exercer un effort pour respirer.

Apnées centrales : il s’agit d’un dysfonctionnement du cerveau entrainant un mauvais contrôle de la respiration.

Apnées mixtes : elles réunissent les apnées obstructives et centrales.

Symptômes

Ils sont nombreux, d’intensité variable et handicapent la vie quotidienne de la personne et celle de son entourage : fatigue, somnolence diurne, problème de mémorisation et de vigilance , troubles du comportement, irritabilité, agressivité, baisse de la libido, impuissance, céphalées, syndrome dépressif, hypertension artérielle, troubles cardio-vasculaires, hypersialorrhée, nycturie, sueurs nocturnes, ronflements, trouble de la qualité du sommeil, somnambulisme…

Facteurs de risque

L’obésité : le plus important. Il multiplie 7 fois les risques d’apparition d’apnées.

Une anomalie des voies respiratoires : étroitesse des fosses nasales, du palais, …

Une prédisposition génétique

Certaines maladies : cardiaques, neurologiques, diabète de type 2, problème respiratoire ( allergies, asthme, …

Certaines substances : médicaments, alcool, tabac,

Traitement

Sans traitement, l’apnée du sommeil s’aggravera petit à petit.

En premier lieu, il est nécessaire de réduire au mieux les facteurs de risque : libérer les voies respiratoires supérieures par des lavages de nez avant le coucher, surélever la tête du lit, dormir sur le côté, supprimer alcool et tabac, traiter si besoin l’hypertension, le diabète, les allergies, pratiquer régulièrement une activité physique pour éviter toute surcharge pondérale et en général suivre des règles hygiéno-diététiques strictes.

-Traitement par ventilation en pression positive continue

C’est le traitement de référence, à condition que l’observance soit respectée. Un appareil muni d’un masque insuffle en continu de l’air permettant de garder les voies respiratoires supérieures ouvertes tout au long du sommeil. Pour apporter un maximum d’amélioration, il est nécessaire de garder cette ventilation au moins 5 heures par nuit. Un temps d’adaptation est parfois nécessaire mais les résultats sont probants au bout de quelques semaines. En cas de mauvaise tolérance (saignement de nez, irritation, problèmes cardiaques,…) sera privilégié le traitement chirurgical ou le traitement instrumental selon le cas de chacun.

-Traitement chirurgical

Il sera choisi en deuxième intention afin de diminuer les apnées et les ronflements, avec des résultats variables.

-Traitement instrumental

Il peut s’avérer intéressant dans certains cas, en particulier au début d’un syndrome d’apnée obstructif du sommeil, en dégageant le larynx. On utilisera des orthèses d’avancée mandibulaire, des sondes, des écarteurs narinaires, …